LABEL TERRE D’INNOVATION

Entretien avec Jean-Noël Loury, Vice-Président de la FNCCR, Président du SDEY (TE Yonne)

16 Jan 2026 | Interview

« Un label qui trouve son sens dans l’action locale et la reconnaissance nationale »

Quels sont, selon vous, les atouts du label Terre d’Innovation pour les territoires ?

Le label Terre d’Innovation répond à un besoin très concret : valoriser les démarches innovantes initiées et portées par les communes, mais aussi par les syndicats d’énergie qui les accompagnent. Il ne se contente pas d’énoncer des principes ; il propose un référentiel structuré qui permet d’identifier des actions tangibles — développement des mobilités durables, sobriété énergétique, modernisation des réseaux, services publics innovants, pilotage intelligent… — et de les rendre visibles et compréhensibles pour les citoyens, les partenaires et les financeurs. Cette structuration aide les décideurs locaux à prendre du recul, à se projeter dans une trajectoire cohérente et à valoriser ce qui fonctionne déjà.

Quels conseils donneriez-vous à un président de syndicat qui souhaite déployer ce label sur son territoire ?

Le premier conseil est d’en faire une démarche non pas ponctuelle mais structurante : il est essentiel d’intégrer le label dans la stratégie globale de transition et d’innovation du syndicat et des communes. Cela implique de bien expliquer la méthode et les critères, d’impliquer très tôt les élus et les services techniques, et d’organiser un accompagnement régulier, y compris via des ateliers ou des sessions de formation. Ensuite, il faut créer une dynamique collective. Le label fonctionne mieux quand il est partagé et compris par tous les acteurs locaux, parce qu’il devient un outil d’émulation plutôt qu’un simple concours. Un syndicat d’énergie peut jouer ce rôle de facilitateur : il n’est pas seulement évaluateur, il devient moteur de progrès, d’échanges et de retours d’expérience entre communes.

On a vu lors du dernier congrès de la FNCCR que le label rayonne désormais au-delà de l’Yonne. Quelle est votre lecture de cette dynamique ?

C’est une source de grande fierté de constater que Terre d’Innovation dépasse aujourd’hui le cadre du seul département de l’Yonne. Lors du dernier congrès de la FNCCR, neuf syndicats territoriaux ont participé aux Grands Prix Nationaux, ce qui montre une adoption progressive et une reconnaissance croissante du dispositif au niveau national. Cette dynamique est renforcée par l’intérêt manifesté par d’autres territoires, comme mon ami Philippe Auvray, Président du Territoire d’Énergie Orne, qui s’est engagé dans la démarche et travaille à son appropriation locale pour valoriser les actions ornaises en matière de transition énergétique.

Vous insistez souvent sur la visibilité des territoires labellisés. En quoi les panneaux d’entrée d’agglomération sont-ils importants ?

La visibilité est plus qu’un symbole : elle est un outil d’ancrage territorial. Installer des panneaux d’entrée d’agglomération mentionnant le label n’est pas anodin : cela affiche publiquement l’engagement d’une commune, renforce la fierté des habitants et des élus, et crée une influence positive sur le territoire au sens large — pour les visiteurs, les entreprises ou les partenaires institutionnels. Un panneau visible tous les jours signifie que l’innovation ne se limite pas à une cérémonie ou à un dossier : elle s’inscrit dans le réel, dans le quotidien des personnes qui vivent et travaillent sur le territoire. Cet effet d’affichage est aussi porteur d’émulation : lorsqu’une commune voisine voit ce panneau, la démarche est rendue plus tangible et plus désirable.

Dernier mot pour les présidents de syndicats qui hésitent encore ?

Je leur dirais que Terre d’Innovation est une démarche qui met en mouvement, qui valorise l’action locale, et qui constitue un levier concret d’attractivité territoriale. Il est vrai que l’accélération de ce déploiement se fera encore plus nettement après les municipales et l’élection des exécutifs des AODE, car c’est souvent à ce moment-là que les nouvelles équipes s’approprient pleinement les outils et les projets structurants. Cette période de transition est donc aussi une opportunité : c’est le moment de préparer le terrain, de susciter des échanges constructifs, et de montrer que le label n’est pas un gadget, mais un outil opérationnel de progrès durable.